Kôngo dia Ntotela

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Traduction courante

Kôngo dia Ntotela : nom de l'ancien royaume Kôngo. Ntotela ou Ntotila est le titre de Roi.

Singulier, Pluriel


Etymologie

Voir Kôngo et Ntotela.

Synonymes

  • Kôngo dia Ntotila: royaume du Kongo


Exemples de composition


Proverbes


Thématiques : Ancien Royaume Kôngo


L'HISTOIRE DU ROYAUME DE KÔNGO SELON SA TOPONYMIE DE KINSÂSA. Par RAPHAËL BATSÎKAMA

1. Première région (province) : KÔNGO-DYA-MPÂNGALA

1.1. Première Sous-region : MBÂMBA

Cette région (province), on le sait déjà, comprenait toute l’Angola à partir des régions Nord de la Kwânza. En dépit des confusions que contient son ouvrage, confusions résultant sans doute d’une connaissance purement livresque de l’Afrique, H. Baumann est le principal auteur qui nous a aidé dans la reconstitution de cette région. Voici la maîtresse pièce de son assistance. Il s’agit de la liste des «tribus» de cette partie de l’Afrique que l’intéressé nomme «cercle zambézien». «Tout le Sud-Angola, écrit-il, s’y rattache à l’Ouest y compris les Ambos établis dans le Sud-Ouest africain ; on y trouve les (Ovi-)Mboundo, les (A-)Mboundous et les Ngangela-Mbouela-Mboundas dans le Sud-Est de l’Angola et les Tchokwe, Luena, Louimbi-Songo-Mbangala dans le Nord-est de la même province» . «Le groupe Ambo y compris les Ndonga, le Houmbé, les Handa et les Ndombe, ajoute-il plus loin, marque la transition entre les Hereros et les Mboundous aussi bien linguistiquement que du point de vue de la civilisation»

Essayons d’abord de démêler l’imbroglio. Les Ambos (Ambundu, Bambundu), les Mbunda, les Ndundu et même les Humbé (Wûmbu ou Hûmbu), ne seraient rien d’autre que les habitants des différents Mpûmbu de Kôngo-dya-Mpângala. «Les Bambunda s’appellent eux-mêmes Ambunu», dit Torday, décrivant les races du Mpûmbu de Bandundu ou Kôngo-dya-Mulaza. Et s’agissant de celui où se trouve établie la ville de Kinsâsa, c’est-à-dire, le Mpûmbu de Zita-dya-Nza ou le Congo du centre, Stanley ne se trompe pas quand il appelle ses habitants tantôt de Wambûndu, tantôt Bawûmbu . Les Pères Luc et Marcellin, deux missionnaires du XVIIº siècle congolais, les disent Mubûmbi, appellation que J. Cuvelier et F. Bonctinck identifient à Bawûmbu . Ces deux auteurs non plus ne se fourvoient pas car Mubûmbi – qui dérive du verbe bûmba : saisir, s’emparer de – est un synonyme incontestable de mubûndi ou mumbûnda . Avisons aussi que l’emplacement géographique qui sera attribué à chaque «tribu», sera surtout en fonction de l’appartenance de celle-ci à telle ou telle région (province) du Congo. Les «tribus» Ngangela, Mbwêla et Ndôngo par exemple, ne peuvent être rencontrées ailleurs que, la première dans un Mbâmba, la deuxième dans un Mpêmba et le troisième dans un Nsûndi. En allant du Sud vers le Nord, conformément au principe sur l’émigration , voici d’abord le Mpûmbu austral, commencement de Kôngo-dya-Mpângala et de tout le royaume du Congo, ce Mpûmbu qui comptait dans le sens Ouest-Est, les contrées de Mpûmbu, Ndôngo et Lulômbe .

Le reste de ce Mbâmba serait ainsi constitué : a) MBÂMBA qui comprendrait à l’Ouest, les collectivités locales de Mbânda et de Mbâmba ; à l’Est celles de Mpângala (Ngangela) et de Ngânda (Hânda) ; b) MPÊMBA qui serait formé par les collectivités locales de Mpêmba et de Ndêmbo à l’Ouest, circonscriptions que Pigafetta appelle respectivement Tshimpêmba et Malêmba  ; par celles de Mbwêla et de Kwîmba (Lwîmbi) à l’Est. Cette zone devrait en outre être partie de ces Yaka du Sud de la Kunene dont parle A. Cavazzi, cité par Planquaert. c) NSÛNDI dont dépendaient les collectivités locales de Mpûmbu et de Lulômbe à l’Ouest ; de Matâmba et de Mbêmbe, deux circonscriptions que le même Cavazzi situe au Sud de Bengale (Mbângala), vers l’Orient .


1.2 Deuxième Sous-région : MPÊMBA

a) MBÂMBA : voici les subdivisions qui formaient le Mbâmba du Mpêmba de Kôngo-dya-Mpângala : à l’ouest, le Mpângala habité par les Ngângela et le Mbângala ; à l’Est, le Mazînga et le Mbânda. b) MPÊMBA : le Mpêmba du Mpêmba de Kôngo-dya-Mpângala comprend : à l’Ouest, le Ndêmbo (Malêmba) et le Mbwêla (Huila) ; le Nsongo et Musuku , vers l’Est.

Cette zone est le siège de la première capitale du royaume du Congo : Mbânza-Mpângala qui serait tout simplement devenue Benguela sous l’influence portugaise. Labat dit que «le roi de tout le pays s’appelait Mamâmbala ma Mpângala». A propos de la capitale, écoutons les Pères Benys Carli de Plaisance et Michel-Ange de Gattine qui s’y trouvent en 1666 : «La veille de Noël, on atteint Benguela, capital du royaume de ce nom» , puis le Père Laurent de Lucques qui y arrive 36 ans après les premiers : «Benguela est un royaume dont une grande partie est actuellement en possession des Portugais. Ils y ont une forteresse et une garnison car c’est le chef-lieu de ce royaume. On apprit qu’ils étaient en guerre avec un des principaux chefs» (sans doute, le Mani Mpângala). De plus, les Yaka que Battel rencontra au Bengwela en seraient originaires.

c) NSÛNDI : dans le Nsûndi du Mpêmba de Kôngo-dya-Mpângala, on trouvait les collectivités locales (communes) suivantes : du côté de l’Atlantique, le Mpûmbu ou pays de ces Mbundu établis au Nord du plateau de Benguela» et le Kisama ou Musâmba, circonscription que Labat situe au Sud de la petite Ganghella  ; à l’Est, le Ndôngo et le Mbêmbe .


1.3 Troisième Sous-région : NSÛNDI

a) MBÂMBA : à l’Ouest, le Mbângala ou pays des Ngangela et le Kinkênge  ; à l’Est le Mbâmba et le Mbângala. b) MPÊMBA : à l’Ouest, le Malêmba ou Ndêmbo que Labat situe entre Ngangela et Ndôngo  ; ce sont sans doute les extrémités Nord de ce Ndêmbo que Duarte Lopes prend pour la ligne frontière du royaume du Congo (partie centrale) , et Buvidi ou Mubidi dont les habitants, les Vili «amènent les armes au Matâmba»  ; à l’Est, le Nsânga (Kasânzi ou Kasânga) et le Musûmba (Sûmbi) . c) NSÛNDI : À l’Ouest le Ndôngo et le Kisâma ou Musâmba : à l’Est le Matâmba et le Vûngu (Luholo ou Ilâmba= Ndâmba de Cavazzi) .

Le nom d’Angola ou plutôt Ngôla (Ngolo) qui avait été étendu par les Portugais à tout le Kôngo-dya-Mpângala et aux deux-tiers de la partie centrale du royaume du Congo, appartient à un coin de terre de cette zone. Ce coin de terre devenu royaume grâce à la Traite des Noirs, n’est, tel que nous le renseigne le titre de son premier monarque (Ngol’a Ndôngo) que la petite localité de Ngôla dans la collectivité locale (canton ou commune) de Ndôngo. Cavazzi qui écrit que Ngôla était le titre du «roi» et Ndôngo, le nom du pays , n’est pas tellement loin de la réalité. Ngôla ou plutôt Mwêne Ngôla est le titre du «roi» en tant que autorité de la localité de Ngôla, tandis que Ndôngo (a Ndôngo = de Ndôngo), le poste de l’échelon immédiatement supérieur dont relevait ladite localité. Mpûmbu oriental de cette région (province) de Kôngo-dya-Mpângala qui est aussi celui de tout le royaume, est gardé par les Mpîndi, les Côkwe, les Mbûnda, etc.


2. Deuxième Région (province): KÔNGO-DYA-MULAZA ou KWÎMBA

Cette région (province) occupe, comme on le dit, les parties Est et Nord-Est de la couronne. Elle va, de sa frontière avec le Kôngo-dya-Mpângala au Sud au-delà du pays du lac Mayindombe au Nord, et, est partagée presque moitié-moitié entre l’Angola et le Congo-Kinsâsa. Voici les trois Sous-régions (Districts) de Kôngo-dya-Mulaza et leurs subdivisions administratives :

2.1. Première Sous-région : MBÂMBA

a) MBÂMBA : à l’Ouest de Mazînga et le Mbâmba ; à l’Est, le Mbângala et le Mpângala. C’est de ce Mazînga que parlent Capello et Ivens quand ils écrivent qu’ils avaient «traversé le pays de Jinga et de Matâmba» au cours de leur expédition vers Kasôngo-Lûnda en 1879. Matâmba et Mazînga furent deux collectivités locales (cantons ou communes) contiguës, situées, la première à l’extrême Nord-Est de Kôngo-dya-Mpângala et la seconde au début de Kôngo-dya-Mulaza, c’est-à-dire, au Sud-Ouest de celui-ci. Cette contiguïté entretenait une telle confusion que les deux collectivités étaient souvent prises l’une pour l’autre. Voilà pourquoi l’héroïne Mazînga est faussement dite «reine» de Matâmba. C’est sans doute pour mettre fin à cette équivoque que les Portugais jugèrent bon «d’incorporer le Matâmba au royaume de la reine Ñzînga», c’est-à-dire au Mazînga. b) MPÊMBA : le Mpêmba de cette sous-région de Kôngo-dya-Mulaza comprend : à l’Ouest le Nsânga (Kasânzi) où se trouvait le chef-lieu régional et le Kwîmba ; à l’Est, le Musuku que Planquaert situe à l’Est de Matâmba et le Nsôngo. c) NSÛNDI : Le Nsûndi de cette sous région est formée : à l’Ouest par les collectivités locales de Vûngu et de Nsônso ; à l’Est par celles de Luholo et de Musâmba.


2.2. Deuxième Sous-région : MPÊMBA

a) MBÂMBA : Le Mbâmba du Mpêmba de Kôngo-dya-Mulaza comprend : à l’Ouest le Mbângala et le Mbâmba ; à l’Est le Masînzi et Kinkênge. b) MPÊMBA : à l’Ouest, le Kiyaka et Musuku ; à l’Est, le Ndîngi et le Lûnda (Kakôngo). Le Kakôngo mérite quelques détails particuliers à cause de son importance en tant que siège des institutions, non seulement régionales (provinciales), mais aussi nationales à l’heure où le royaume du Congo ne comptait que deux régions (provinces). Faisons remarquer à propos que jusqu’à leur installation définitive dans la petite centrale de la couronne, les institutions avaient été transférées, d’abord du Kôngo-dya-Mpângala au Kôngo-dya-Mulaza, puis d’ici au Kôngo-dya-Mpânzu. D’où elles aboutirent enfin dans le Kakôngo de Zita-dya-Nza.

E. Torday nous aide à nous faire une opinion sur l’emplacement de ce Kakôngo central de Kôngo-dya-Mulaza : «…Les Bambunda sont en contact au Sud avec les Bakôngo… Le Bapênde sont voisins méridionaux à la fois des Bambunda et des Bakôngo» qui «semblent déterminés à se réserver le Loange (Lwângu) comme frontière». E. G. Ravenstein cité par Planquaert parle aussi de ces Bakôngo de Bandundu : «Plus au Sud, habitaient sous le nom de Basuku plusieurs clans Bakôngo. A l’Ouest ils s’étendent jusqu’au Matâmba». Le terme Bakôngo pris au sens restreint, comme c’est le cas ici, désigne exclusivement les habitants d’un Kakôngo, c’est-à-dire de la collectivité locale (canton) qui devait abriter les institutions régionales ou nationales.

Ainsi les gens des environs de Boma sont appelés Bakôngo parce que leur contrée est une partie de ce Kakôngo sur lequel se trouve érigée Mbânza-Kôngo (São Salvador). Ceux du Kakôngo du Mbâmba de Kôngo-dya-Mpânzu sont aussi appelés Bakôngo par leurs voisins, les Bawôyo, les Babînda, les Bayômbe et Balwângu. Sont également dits Bakôngo dans ce sens au Kôngo-dya-Mpânzu, les habitants des collectivités locales (communes) de Kimbânza et de Kivûnda en zone (territoire) de Luwôzi au Congo-Kinsâsa ainsi que ceux du District de Boko en République du Congo-Brazzaville. Tous demeurent dans le Kakôngo central de ce département.


Figure nº 7 Les subdivisions de Kôngo-dya-Mulaza ou deuxième région (province) du royaume du Congo


Il s’ensuit donc que ce pays des Bakôngo dont parle Torday au Kôngo-dya-Mulaza, n’est rien d’autre que le Kakôngo central de cette région (province).

c) NSÛNDI : dans le Nsûndi du Mpêmba de Kôngo-dya-Mulaza, on trouve : à l’Ouest, le Vûngu ou pays de Bahungana, et le Nsônso ; à l’Est le Musâmba et le Musulu.


2.3. Troisième Sous-région : NSÛNDI

a) MBÂMBA : Les collectivités locales (communes) suivantes se trouvaient dans la zone de Mbâmba du Nsûndi de Kôngo-dya-Mulaza : à l’Ouest le Mbâmba et le Buyânzi, contrées respectivement des Bambala et des Bayânzi ; à l’Est le Ngôngo et le Bukânga qu’on disait contigu au royaume d’Ybare (des Bambala ou Mbâmba) et dont la traite des Noirs rendit le Mpûmbu célèbre. b) MPÊMBA : La zone de Mpêmba du Nsûndi de Kôngo-dya-Mulaza serait formée par les collectivités locales de Ndîngi, Nsôngo et Nsânga dont les habitants seraient respectivement les Ndîng, les Tsong et Sakata .

À ces trois circonscriptions s’ajouterait le «royaume ou seigneurie de Soa », situé, selon Cardonega cité par Lamal, «aux confins du royaume d’Ocanga» (collectivité de Bukânga dans le Mbâmba d’où nous venons).

c) NSÛNDI : Dans la dernière Zone de Kôngo-dya-Mulaza, on trouverait entre autres comme collectivités locales (canton ou commune) celles de Mayômbe et de Ndôngo.

La première est signalée par J.A. Wauters qui écrit que les Bayômbe habitent au Nord de la Lukenye et des Ngûndu. Que serait devenu ces Bayômbe du Mayindômbe ?... Seraient-ils ces Iyêmbe que Vansina situe parmi les Ntomba, les Mpâma, les Sengele, les Kônda, etc. ?... Quant à l’hypothèse de l’existence du Ndôngo, elle nous est suggérée par l’auteur des anciens royaumes de savanes qui dit que dans le temps vivait sur les rives Nord-Est du lac Mayindômbe une population appelée Nsese, population qu’il croit apparentée aux Têke. Ces Nsese dont les chefs régnaient sur les Bosângo, ajoute-t-il, avaient pour capitale NDÔNGO, devenu depuis INONGO (Kinôngo ou Kindôngo). On sait que dans l’organisation administrative du royaume du Congo le nom du chef-lieu est aussi celui de la circonscription. Bosângo (Busângo ou Busânga) semble indiquer le Nsânga du Mpêmba ci-dessous qui serait le siège des institutions sous-régionales, c’est-à-dire de tout le Nsûndi de Kôngo-dya-Mulaza. N’oublions pas le Mpûmbu oriental ou le marché oriental du royaume du Congo habité ici par les Bambûnda, Bapênde, Côkwe, etc.



3. Troisième Région : KÔNGO-DYA-MPÂNZU ou KABÂNGU

À l’exception de la contrée dite des Bakôngo de Boma dans le Sud qui dépendait du Kakôngo central de Zita-dya-Nza , cette troisième région (province) s’étendrait sur tout le territoire de la rive droite du fleuve Congo jusqu’à peu près la latitude 1 ½ degré Nord ; du 16º de longitude Est à l’Océan Atlantique. Voici la structure territoriale de chacune de ses trois sous-régions et leurs collectivités locales (communes).


3.1. Première Sous-région : MBÂMBA

a) MBÂMBA : Le Mbâmba du Mbâmba de Kôngo-dya-Mpânzu comprend les collectivités locales suivantes : le Ngôyo et le Kabînda à l’Ouest ; le Mbâmba ou comme dit Pigafetta, pays des Bambala et le Kimbênza à l’Est. b) MPÊMBA : à l’Ouest, le Kakôngo et le Ndêmbo (Malêmba) ; à l’Est le Buvidi (Mubidi) et le Nsânga. c) NSÛNDI : Le Nsûndi du Mbâmba de Kôngo-dya-Mpânzu est formé par les collectivités localités suivantes à l’Ouest, le Vûngu et le Lwângu  ; à l’Est le Mayômbe dont le nom a été faussement étendu à plus du tiers de la région (province) et le Nsûndi.


3.2. Deuxième Sous-région : MPÊMBA

a) MBÂMBA : Le Mbâmba du Mpêmba de Kôngo-dya-Mpânzu comprend : le Kinkênge et Mazînga à l’Ouest ; le Bwênde qui chevauche le fleuve en englobant le pays de Kasi ou Mazînga ma Dôndo et le Manyânga à l’Est. b) MPÊMBA : Le Mpêmba comprend : le Ndîngi qui est selon Dapper cité par Cuvelier, limitrophe de Lovango (Lwângu) et le Buvidi à l’Ouest ; le Kakôngo et le Nsânga à l’Est.


Le Nsânga chevauchait le fleuve . C’est sans doute le Lêmvo ou la contrée des Balemvo en zone (territoire) de Kazangulu qui en faisait partie. Sur la rive droite du fleuve Congo les habitants de ce Nsânga se sont donnés le nom de Balâdi, parce qu’ils sont établis, la plupart, sur le bassin de la rivière Lulâdi. A vrai dire, ils sont des Basângi, c’est-à-dire, citoyens du Nsânga, «Mfumu za Nsânga», comme d’ailleurs ils aiment le proclamer. Dans le Kakôngo de cette zone, devait se trouver la capitale du royaume après son transfert de Kôngo-dya-Mulaza. C’est d’ici que cette capitale devait être déplacée pour l’actuelle Mbânza-Kôngo (São Salvador). Ajoutons que ce Kakôngo chevauchait aussi le fleuve en comprenant sur la rive gauche, les contrées de Kakôngo, Vûnda, Kinkûzu, etc.

Outre le Bukâmba ou contrée des Bakâmba et le Musuku, on devrait encore trouver ici ce Kiyaka dont les habitants «infestaient le Nord du fleuve».

c) NSÛNDI : Dans le Nsûndi du Mpêmba de Kôngo-dya-Mpânzu, se trouvaient à l’Ouest, les collectivités locales de Dôndo et de Lwângu, autrement appelé Ndâmba  ; à l’Est, celles de Nsûndi et de Mbêmbe.


3.3. Troisième Sous-région : NSÛNDI

a) MBÂMBA : Le Mbâmba de cette Sous-région comprend : à l’Ouest, le Mbâmba ou Mpâma et le Kuni ou Ngunu qui touche dans sa partie septentrionale aux pays des Bwîsi et des Lûmbu  ; à l’Est, le Mpângala et le Kinkênge. b) MPÊMBA : La deuxième zone (territoire) du Nsûndi de Kôngo-dya-Mpânzu est formée par les collectivités locales suivantes : à l’Ouest, le Bwîsi et les Bukota (Kuta) ; à l’Est, le Kiyaka et le Nsânga. C’est dans cette contrée qu’on devait aussi trouver les Nzâbi (Nzâbi, serait-il une variante de Nzâmbi, Dieu, synonyme de Suku ? Leur milieu géographique porterait alors le nom de Kinzâmbi ou Bunzâmbi) qui selon B. Söderberg sont parfois confondus aux Kuta et aux Tsangi . c) NSÛNDI : La dernière zone de Kôngo-dya-Mpânzu comprend : à l’Ouest, le Ndôngo ou pays de Mondongues et le Vûngu (Bongo ou Bûngu) ; à l’Est, le Mpûmbu ou Mbûndu.


4. Quatrième région : KÔNGO-DYA-KATI

Cette quatrième et dernière région (province) du royaume du Congo occupe comme on le sait, le centre de la couronne. C’est ce qui justifie son nom de Kôngo-dya-Kati, Congo du centre ou Zita-dya-Nza, nœud du monde (royaume). Rappelons une fois de plus que le royaume du Congo dont parlent les auteurs depuis le XVº siècle, n’est uniquement que ce quart dont voici la structure territoriale :


4.1. Première Sous-région : MBÂMBA

Décrivant celle-ci, Pigafetta dit qu’elle comprenait comme circonscriptions administratives, Lêmba, Dande, Bêngo, Luwânda, Corimba (Kwîmba), Kwânza, Kasanzi sur la partie côtière et Chinghengo, Motollo, Cabonda, Ambundu, à l’intérieur vers l’Angola. Evidemment Pigafetta qui se contente de citer sans aucun ordre ignorait tout sur le principe de la tripartition. De plus, si Lêmba, Corimba (Kwîmba), Kasânzi (Nsânga), Chinghengo (Kinkênge ou Kinkânga), Motollo (Musulu) et Cabonda (Kambanda ou Kabunda) peuvent être pris pour des circonscriptions cantonales, Dande, Bêngo, Luwânda , Nkwânza ont l’air de n’être que des simples localités. C’est par ignorance aussi que Pigafetta incorpore dans le Mbâmba centrale les cantons de Musulu et des Ambundu qui sont parties intégrantes du Nsûndi de Kôngo-dya-Mpângala. Il existerait peut-être un Musulu dans ce Mbâmba du Mbâmba central, mais ce serait alors au Nord, c’est-à-dire dans le Nsûndi (de ce Mbâmba). Ce serait celui qui signale le Père Laurent de Lucques au Nord de Luwôzi : «J’arrivais à Musulu qui est le chef-lieu de marquisat », dépendant du Duc de Mbâmba. Sinon, comme collectivités locales du Mbâmba central, nous pouvons avancer  :

a) Dans le Mbâmba ou première zone : à l’Ouest le Kinkênge ou Bukânga et le Mpângala ou Kikyângala, sous la juridiction duquel se trouvait Luwânda ; à l’Est, le Wându dont le chef-lieu était Saint-Michel et le Kambânda ou Mazînga. b) Dans le Mpêmba ou deuxième zone : à l’Ouest, le Ndêmbo (Lêmbo) et le Kwîmba ; à l’Est le Nsânga (Kasânzi) et le Mbwîla. C’est du Mani de ce Mbwîla et de celui de Wându de la zome de Mbâmba d’où nous venons que s’étaient servis les Portugais pour déclarer la guerre au Roi M’vêmb’a Nzînga VIº (Vit’a Ñkânga ou Dom Antonio Iº) en 1665. c) Dans le Nsûndi ou troisième zone : A l’Ouest, le Vûngu (Mahûngu) et le Mbêmbe, tous les deux mentionnés sur la carte d’Albuquerque  ; à l’Est, le Ndâmba et le Nsônso appelé aussi Wêmbo. C’est dans cette zone que devrait se trouver le Musulu dont il est question ci-dessus.


4.2. Deuxième Sous-région : MPÊMBA

a) MBÂMBA : Le Mbâmba du Mpêmba central comprend les collectivités locales (communes) suivantes : à l’Ouest, le Mpângala dont font mention Labat et le Père Laurent de Lucques , et le Mbâmba que B. Söderberg nous signale , partie des Amballa du Père Laurent et des Mbala dont il est question dans le rapport que Fabio Biondo, Vice-Légat au Portugal adresse au Saint-Siège sur la situation du royaume du Congo, le 25 Novembre 1595. A l’Est, le Bukânga (Okângo) que le Chanoine Cordeiro croit sous la suzeraineté du Duc de Mbata et le Wându. De ce Wându, on pouvait passer dans le marquisat de Zombo. b) MPÊMBA : Le Mpêmba du Mpêmba central est formé par les Bavîdi que certains missionnaires des XVIIº et XVIIIº siècles dont notamment les Pères Luc de Caltanisseta et Laurent de Lucques ont rencontrés ici et qu’ils croyaient provenir de la rive droite du fleuve (Congo ), tout comme ce «peuple de Muyaka qui ne cessait de se mêler à la population» qu’on soupçonne de la même provenance (que les premiers), sont donc bel et bien enfants du parage. Ce sont eux qu’on désigne aujourd’hui par erreur sous le nom de Bamboma (Noki, Matadi et une partie de Songololo). A l’Est de cette zone se trouvent les collectivités locales de Zômbo et de Mbâta. Evidemment, dans cette zone il y a aussi le territoire de la capitale ou le Kakôngo. Celui-ci, comme nous l’avons vu à la troisième région (Kabângu ) chevauche le Congo, englobant une partie de la contrée de Boma attenante au fleuve. c) NSÛNDI : à l’Ouest le Mbôma ou pays des Bamboma et le Vûngu (Bângu) ; à l’Est le Kindûndu et le Mpângu.


4.3. Troisième Sous-région : NSÛNDI

a) MBÂMBA : Le Mbâmba du Nsûndi central comprend : à l’Ouest la collectivité locale de Mbâmba dont l’ex-Secteur de Mbâmba (Mission catholique Tûmba) semble l’héritier et le Mpângala (Kikyângala) ; à l’Est le Mazînga et le Bukânga. b) MPÊMBA : Dans le Mpêmba du Nsûndi central on a : à l’Ouest le Musûmba où devait se trouver le chef-lieu de la Sous-région ou Mbânza-Nsûndi (une partie de ce canton est occupée par l’ex-Secteur de Ñsûmba) et le Mubidi ou Mbîka. Selon O. de Bouveignes qui cite un auteur anonyme, le roi M’vêmb’a Ñzînga II (Ntûmb’a Nkânga) Ndo Mpetelo (Pedro II) est un ancien Duc de Mbîka du Nsûndi  ; à l’Est, le Kimpêmba et Mbwîla (Lwîla ou Lûla). c) NSÛNDI : Le Nsûndi du Nsûndi central comprend : à l’Ouest le Nsûndi et le Mpûmbu ; à l’Est le Mpângu et Musulu (Monsole ). Les Bandibu, appellation qu’ils ont reçue à cause de l’abus qu’ils font en parlant de l’expression ndi vu (que) et le Bantandu qui sont ainsi désignés parce qu’ils sont établis au Ntându (Nord) par rapport à Mbânza-Kôngo et ses environs, sont tous des Basûndi en considérant la sous-région (Nsûndi) qu’ils habitent. Mais lorsqu’on se base sur les collectivités, ils deviennent des Bambala (Mbâmba), Bangângela (Mpângala), Mampangu (Mpângu), Basûndi (Nsûndi), etc.

Résumé

Tel fut le Congo dans sa majestueuse et très ordonnée tripartition. Aussi, les tout premiers européens qui l’avaient vu, devaient-ils admirer cette «grandiose organisation» .

Administrativement le Congo comptait donc trois régions (provinces) : Kôngo-dya-Mpângala, Kõngo-dya-Mulaza et Kôngo-dya-Mpânzu auxquels s’ajoutait le territoire de la métropole ou la partie centrale du royaume. Ces trois régions (provinces) comme l’atteste Cavazzi, étaient demeurés unies jusqu’á l’arrivée des Portugais». Disons, même au-delà, car c’est encore Cavazzi qui témoigne que de son temps , les trois Mani provinciaux continuaient de reconnaître l’autorité de Mani Kôngo en dépit des intrigues lusitaniennes et à recevoir de lui la confirmation de l’investiture à chaque changement de titulaire. Ainsi la structure territoriale du royaume du Congo, révélée au monde par Pigafetta à la suite de Duarte Lopes, ne correspond pas à la réalité. Elle n’est rien qu’un pur simulacre. Car, ce Nsôyo, ce Mbata et ce Mpângu qu’il considère comme régions (provinces) ne sont, comme on le sait, que des simples collectivités locales. Aussi pour pouvoir en fixer les bornes correspondant aux dimensions toutes idéales qu’il leur avait attribuées, l’auteur était-il obligé de recourir au merveilleux fantastique. Ces monts, ou brûlés, ou de Soleil, ou de Salpêtre, ces rives du Nil ( ?), ou ces roches Vermeilles qui les délimitent , ne signifient rien d’autre que l’immense impossibilité de saisir l’invraisemblance. Quant à ses trois autres «provinces», c’est-à-dire, Mbâmba, Mpêmba et Nsûndi, on n’ignorera plus jamais qu’elles n’étaient que les trois sous-régions (Districts) qui formaient la partie centrale du Congo ou si l’on veut, la quatrième région (province) du Congo. Au demeurant, Pigafetta aliène dangereusement ces Sous-régions puisque ses «provinces» de Nsôyo, Mbata et Mpângu, il ne pouvait les créer autrement qu’en démembrant Mpêmba, pour les deux premiers et Nsûndi, pour la dernière. Un autre élément qui démontre l’inconsistance de la structure territoriale du Congo montée par Pigafetta, est les titres attribués aux gouverneurs de ces «provinces». Alors que tous sont sensés égaux parce que placés à la tête des juridictions du même échelon, leur titulaire reconnaît des degrés. Les gouverneurs de Mbâmba, de Nsûndi et de Mbata sont des Ducs, celui de Nsôyo, Comte et ceux de Mpângu et de Mpêmba, des simples marquis. Cette différenciation de titres qu’on pourrait prendre pour une contradiction est, bien au contraire, un éloquent témoignage de l’énorme écart qui existe entre les entités territoriales auxquelles ils se rapportent. Elle souligne en outre l’ignorance par l’auteur des faits présentés. Cependant, Pigafetta pouvait, sous certains égards, être excusable. Car au moment où il était en train de récolter les données qui allaient lui permettre d’écrire sa Relatione (1588), des dizaines d’années s’étaient déjà écoulés depuis que le Portugal avait entamé son plan de démembrer, voire de supprimer purement et simplement le Congo. Duarte Lopes qui lui avait renseigné, fidèle à son pays (Portugal), ne pouvait lui fournir un autre Congo que celui souhaité, à contre cœur d’ailleurs, par Lisbonne.